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Édition mai 2025

EN 2025, LE SILENCE EST ENCORE LA RÈGLE... LUTTER CONTRE LES VSS EST UNE NÉCESSITÉ !

Après le plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) du ministère de la Culture du 8 mars 2025, la commission d’enquête parlementaire relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité a publié le 9 avril dernier un rapport important. A l’issue d’une audition de près de 350 personnes - parmi lesquelles des représentant·es de nos syndicats et plus d’une centaine de victimes - ce rapport propose 86 recommandations pour répondre aux violences morales, sexistes et sexuelles dans le monde de la Culture que la commission estime « systémiques, endémiques et persistantes » !

Le droit du travail est au centre du problème car toutes ces violences sont commises dans un cadre professionnel. Nous ne pouvons que partager ce constat qui nous a amené dans le passé à créer et négocier des outils spécifiques à nos secteurs comme la conditionnalité des aides, la création des Comité centraux d’hygiène, de sécurité, et des conditions de travail (CCHSCT) du cinéma et de l’audiovisuel ou les avenants relatifs à la prévention et au signalement des violences et harcèlements sexistes et sexuels (VHSS) des conventions collectives.

Le silence reste encore la règle quand on subit des violences. En cause : la précarité, l’entre soi, et les pressions de l’entourage des victimes, quand ce ne sont pas les agresseurs qui exercent directement cette pression, via des «procédures-baillons» qui n’ont pour autre objet que de faire taire les victimes. Ce silence doit cesser aujourd’hui. Il faut changer les mentalités et les comportements. Cela ne se fera pas sans une formation massive des artistes et des technicien·nes ainsi qu’un vrai travail de sensibilisation. Le spectacle vivant doit prendre l’exemple sur le cinéma pour rattraper son retard sur la formation.

Les femmes ne sont pas les seules victimes de ces violences systémiques, les mineur·es sont cité·es à plusieurs reprises, des affaires rendues publiques ces dernières années ont montré que des hommes figuraient parmi les victimes. Le retard pris en termes de protection des enfants est dramatique : il n’existe aucun protocole dans les maitrises, les chœurs d’enfant, les conservatoires ou les écoles de musique et de danse. La normalisation des violences dans l’environnement des artistes professionnel·les prend sa source dans des comportements déviants et des abus de pouvoir subis depuis leurs premières années d’études. Il est notamment indispensable de mettre en place de l’affichage obligatoire et des protocoles de signalement dans tous ces lieux de pratique amateur, d’enseignement initial et supérieur.

Il faut aujourd’hui autant prévenir que guérir : trouver des outils de prévention et de sanction. La cellule d’écoute gérée par le groupe de protection sociale Audiens doit être au cœur de nos communications. Nous devons renforcer l’accompagnement juridique et psychologique des victimes. La dégradation de la santé mentale que provoquent ces violences est intolérable.

Dans le combat pour faire cesser ces violences, la mixité femme/ homme dans nos métiers est un levier primordial. Il faut inverser les dynamiques d’exclusions : la faible présence de femmes dans certaines professions reste le terreau de comportements sexistes ou violents, et réciproquement.
Rappelons que La CGT est partie prenante de la Coalition pour une loi intégrale contre les violences sexuelles, lancée mi-octobre par 45 organisations pour mettre fin à l’impunité et protéger les victimes.

Ce livret présente l’état de la législation en vigueur, les revendications générales de la Cgt et de la Cgt Spectacle, et les avancées obtenues dans certaines branches par la négociation collective en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles et d’égalité professionnelle.